La télédétection optique à haute résolution spatiale et temporelle au service de l’estimation de la biomasse et du rendement du maïs

=>

La variabilité climatique a un fort impact sur le rendement du maïs. Par exemple, les fortes sécheresses de 2016 ont conduit, même pour les parcelles irriguées, à une baisse des rendements à travers la France. Les estimations des rendements présentent un enjeu stratégique et économique important. La télédétection à haute résolution spatiale et temporelle est un outil précieux pour l’estimation à large échelle de ces rendements.

 

Dans une étude récente (Battude et al. 2016) basée sur des séries temporelles d’images optiques (combinaison d’images Formosat-2, Landsat-8, SPOT4-Take5 et Deimos-1, environ deux images par mois), les chercheurs du CESBIO ont mis en place une  nouvelle méthode d’estimation du rendement de mais. Une nouvelle formulation du modèle agro-météorologique SAFY prenant en compte la variation saisonnière observée de la surface spécifique foliaire (SLA) et de l’efficience de conversion de la lumière (ELUE) a été proposée.

 Les résultats montrent que ces modifications améliorent les estimations de la biomasse à l’échelle locale. 

Comparaison de la biomasse (DAM pour Dry Aboveground Mass) simulée et  mesurée avec à gauche la version d’origine du modèle SAFY  et à droite la nouvelle version proposée.

 

Les estimations de rendement sont comparées à des valeurs statistiques annuelles (Agreste) sur deux départements du Sud-ouest de la France : le Gers et la Haute-Garonne. Les résultats montrent que le modèle reproduit bien les rendements (R = 0.96; RRMSE = 4.6%), même s’il surestime parfois les valeurs pour les parcelles non irriguées.

 

Comparaison du rendement simulé et des données Agreste [t.ha-1] pour les départements du Gers et de la Haute-Garonne en 2013 (à gauche) et en 2014 (à droite), avec la distinction entre les parcelles irriguées et non irriguées. L’erreur standard associée aux valeurs simulées est reportée.

 

Le GAI s’avère donc être un bon indicateur pour l’estimation du rendement du maïs irrigué à l’échelle régionale. Pour les parcelles non irriguées, le couplage de SAFY avec un module de bilan hydrique simulant le contenu en eau du sol pourrait permettre d’améliorer les estimations de rendement. La mission Sentinel-2 offre de nouvelles perspectives et les données devraient permettre d’améliorer les estimations du modèle.

 

Référence : Battude M., Al Bitar A., Morin D., Cros J., Huc M., Marais Sicre C., Le Dantec V., Demarez V. (2016) Estimating maize biomass and yield over large area using high spatial and temporal resolution Sentinel-2 like remote sensing data. Remote Sensing of Environment184, 668-681 DOI: 10.1016/j.rse.2016.07.030

Plus d'actualités

Combien de temps met la surface à se réchauffer après le passage d’un nuage ?

Combien de temps met le fût du canon à se refroidir ? Fernand Raynaud => Cette citation vient du fameux sketch de Fernand Raynaud, elle est soi-disant tirée d’un manuel militaire à destination des soldats: Le sketch est un peu long, je vous rappelle la réponse : un certain temps. Nous avons étudié une question […]

How long is the cooling effect of a cloud shadow ?

How long does it take for the cannon barrel to cool down after firing a shell ? Fernand Raynaud => This quote is from a famous old French funny sketch by Fernand Raynaud, which was based on a question in a French manual for soldiers: the sketch is rather long, so I’ll give you the […]

Impact de l’éclipse du 12 août 2026 sur la production d’électricité photovoltaïque en Espagne

L’énergie photovoltaïque (PV) fournit plus de 20 % de l’électricité en Espagne, et cette part a atteint un nouveau sommet en juillet 2026 (28,3 % du mix électrique mensuel du pays). Certains médias se sont inquiétés de la baisse de la production d’énergie photovoltaïque lors de l’éclipse du 12 août 2026. Le Monde expliquait que […]

Rechercher