Sentinel-2B s’envole la semaine prochaine

=>C’est dans la nuit du 6 au 7 mars que Sentinel-2B s’envolera, depuis Kourou, à bord d’une fusée Européenne Vega. Le système Sentinel-2 sera enfin au complet, et après 3 mois de recette en vol, nous atteindrons enfin des observations de l’ensemble des terres émergées tous les 5 jours, en alternant les observations par Sentinel-2A et Sentinel-2B.

 Enfin, cette répétitivité globale des observations n’est vraie qu’en théorie, car pour le moment, seules l’Europe et l’Afrique sont observées tous les 10 jours avec Sentinel-2A. Le reste du monde n’est observé que tous les 20 jours, et devrait passer à 10 jours grâce au deuxième satellite. Initialement, le système Sentinel-2 comptait sur l’utilisation d’un lien de communication entre Sentinel-2 et un satellite relais en orbite geostationnaire, EDRS qui aurait dû retransmettre les données vers la station de réception de l’ESA. Mais, cette liaison, extrêmement complexe, n’est pas encore opérationnelle.  L’ESA envisage aussi de mettre en place une nouvelle station de réception au Canada, mais là aussi, la mise en place prend du temps, et l’ESA vient de nous avertir d’un nouveau retard dans le dernier « mission status »

The acquisition scenario has been executed with an average of 14.8 minutes of MSIsensing time per orbit, Sentinel-2A is acquiring Europe, Africa and Greenland at10 days revisit. Since 22th February the 20-day revisit pattern has been introducedfor the rest of the world. It will remain in place until either the 4 X-band station orEDRS become available operationally, assumed towards late Q2/early Q3-2017.

 Par ailleurs, nous espérons tous qu’à l’occasion de la mise en marche de Sentinel-2, l’ESA arrivera à mettre en fonctionnement la chaîne de prise de points d’appuis qui permettra d’assurer une superposition des données avec une précision de 0.2 ou 0.3 pixels. Pour le moment, cette précision n’est que d’un pixel, ce qui a pour effet de réduire la résolution spatiale apparente des séries temporelles du système Sentinel-2. Malgré ces petits problèmes, il reste que l’Union Européenne nous a offert le système d’observation de la terre dont le CESBIO rêvait depuis longtemps, avec des résolutions spatiales et temporelles améliorées d’un facteur 3 par rapport à LANDSAT, et accompagnées d’une qualité d’image excellente (loin de celles qu’on peut obtenir dans les constellations de micro satellites à la mode. Les espoirs du CESBIO concernant des observations optiques fréquentes à haute résolution, ont débuté en 1998, quand Gérard Dedieu et François Cabot ont déposé une première proposition d’un projet Rhea, ressemblant fortement à Sentinel-2, mais avec une répétitivité d’un jour (on ne manque pas d’ambitions au CESBIO). Puis en 2000, lorsque nous définissions pour le CNES, la mission continentale GMES (avec une répétitivité de 3 jours).  Puis en 2003, nous avions obtenu la décision de lancer le satellite Venµs (avec une répétitivité de deux jours), qui devait être disponible dès 2008, même si certaines mauvaises langues, pronostiquaient déjà plutôt un lancement en 2009 voire 2010 (finalement, ce sera cet été, 2017…). Et en 2013 et 2015, avec les expériences SPOT (Take 5). Bref, c’est avec un grand bonheur que je participerai à la retransmission du lancement de Sentinel-2B, très tard dans la nuit de lundi à mardi prochain (avec champagne et croissants…). J’ai cependant une petite inquiétude, non pas pour la fiabilité du lancement, mais pour la santé de notre twitteur enragé et blogueur invétéré, Simon Gascoin, qui publie un article formidable quasiment à chaque image acquise par Sentinel-2 : arrivera-t’il à tenir quand le rythme des acquisitions sera doublé  ?    

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