Suivi des agrosystèmes sensibles pour la préservation de la biodiversité : le cas du Grand Hamster d’Alsace, premiers résultats

Le paysage agricole alsacien constitue l’habitat du Grand Hamster, présent en France uniquement dans cette région et aujourd’hui en voie d’extinction. Le rongeur est fortement menacé par la régression des surfaces de fourrages et de céréales, les seules à lui offrir nourriture et protection lors de la période vulnérable de fin d’hibernation, remplacées par la culture intensive du maïs, à ce moment là à l’état de sol nu. Dans le contexte de préservation à long terme des populations de hamster, le SERTIT réalise chaque année la cartographie de l’environnement du grand hamster à partir de données SPOT et/ou Pléiades, afin d’évaluer rapidement et de manière ciblée la qualité de l’habitat autour des noyaux de population, d’identifier les sites critiques, et d’apprécier l’efficacité des mesures existantes de protection de l’espèce. Une surveillance encore plus régulière, mensuelle, voire hebdomadaire, de l’évolution du paysage serait certainement très bénéfique pour la compréhension des menaces qui pèsent sur le rongeur et l’observation des effets positifs des mesures de protection. L’intérêt est surtout de voir l’évolution des surfaces favorables au hamster, d’identifier la proportion de cultures fourragères et de céréales d’hiver par rapport aux terres nues, de détecter la précocité éventuelle de certaines cultures de printemps qui pourraient être profitable au hamster, ou de mettre en évidence un gel tardif des cultures d’hiver à l’impact très négatif puisqu’il réduirait l’espace favorable au rongeur. Ainsi, les données SPOT 4 acquises sur l’Alsace dans le cadre du programme Take Five et simulant les futures données Sentinel-2 nous donnent pour la première fois l’opportunité de faire un suivi de l’évolution des cultures favorables au hamster dans un même cycle de vie du rongeur. En parallèle à ces acquisitions satellites, des missions sur le terrain synchrones ou quasi-synchrones sont organisées afin de valider les observations faites à partir des données de télédétection, et cela sur une même sélection de parcelles échantillons (situées sur des sites clé pour le hamster). La première acquisition exploitable a été faite le 4 mars 2013, journée durant laquelle des relevés in situ ont également été réalisés. A cette période, les hamsters sont encore dans leur phase d’hibernation, une partie des cultures d’hiver est en cours de croissance, de vastes parcelles de terre nue labourée couvrent l’espace agricole et de vieux champs de luzerne sèche sont présents. L’analyse radiométrique de cette donnée SPOT 4 permet de différencier trois classes d’occupation du sol dans les parcelles échantillon : terre nue, blé et luzerne / prairie. Il est difficile de distinguer la luzerne des prairies, leurs signatures spectrales étant très proches. Les observations satellites et les relevés terrain concordent assez bien, les caractéristiques spectrales des différentes classes d’occupation du sol étant relativement bien distinctes. Nous constatons tout de même près de 23% d’erreurs, liées principalement à la détection difficile des cultures en cours de croissance trop jeunes et donc trop peu denses et de l’occupation du sol sur les parcelles trop petites / trop étroites. Une résolution plus fine des données satellites, ou une série temporelle plus longue permettrait certainement de résoudre en partie ces problèmes de détection. Les observations suivantes, à condition que la météo s’arrange un peu, permettront d’approfondir ces conclusions et d’évaluer les bénéfices de la multi-temporalité des données.  

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